Roman de Troie - Prose 2 - la prose

(A) la prose

- auteur: anonyme

- dédicataire: non mentionné

- datation: fin du XIIIe siècle, ante 1298 (date du manuscrit 1), Italie du Nord

- Doutrepont 1939, p. 384

- trois manuscrits:

(1) Grenoble, BM, 263 Rés.

(2) Paris, BnF, n.a.fr. 9603

(3) Oxford, Bodl. Libr., Douce 196

- organisation du texte

Le Roman de Troie en prose n’a pas de titre à proprement parler, mais l’explicit des trois manuscrits le désigne comme «livre de l’estoire de Troie»; le texte est introduit par deux rubriques différentes, dont la première est commune aux manuscrits de Grenoble et de Paris (voir supra).

Le prologue suit assez fidèlement celui du roman en vers, mais n’en conserve pas la partie finale, qui contient le nom de l’auteur (vv. 132-144).

Parmi les versions en prose du Roman de Troie, Prose 2 est la plus fidèle au modèle en vers, mais il s’agit d’une fidélité qui aplatit les couleurs rhétoriques du poème et privilégie l’instance narrative. Comme dans le cas de Prose 4 (voir notice), il s’agit d’un dérimage sans personnalité et sans ambition, trop fidèle à la source et dépourvu d’un véritable projet culturel. Prose 2 partage avec Prose 1, 3, 4 un certain nombre d’abréviations (en particulier dans la partie finale des «retours» des Grecs) et de suppressions, dont quatre d’une certaine importance: le résumé initial (vv. 145-714: toutes les versions), la dernière nuit de Troïlus et Briséida (vv. 13261-13328: Prose 3 et Prose 4), la description du tombeau d’Hector (vv. 16635-16858: Prose 1, 2, 3, 4) et le monologue final de Briséida (vv. 20238-20340: Prose 1 et en partie Prose 4). L’élimination des vv. 15757-15959 n’est pas une omission volontaire, mais une lacune mécanique déjà présente dans l’archétype. Prose 2 conserve par contre la description du manteau de Briséida (vv. 13341-13409), qui est supprimée par Prose 1, 3, 4.

La langue est riche en italianismes, et la tradition même montre qu’il doit s’agir d’un texte écrit en Italie du Nord vers la fin du XIIIe siècle.

Prose 2 a été appelée «version méridionale» par Chesney – Woledge à une époque où l’on ne connaissait que Prose 1, qu’on croyait réalisée en France. A la lumière des recherches plus récentes, cette appellation s’avère évidemment impropre.