Genealogie de Godefroi de Buillon de Pierre Desrey - histoire

(C) histoire de la prose

Au moins six éditions conservées du XVIe siècle:

(1) Paris, Michel Le Noir, 1504

(2) Paris, Jean Petit, 1504

(3) Paris, Michel Le Noir pour Jean Petit, 1511

(4) Paris, Philippe Le Noir, 1523

(5) Paris, Nicolas Chrestien, s.d. [ca 1550]

(6) Lyon, François Arnoullet, 1580

La Généalogie ne passe pas dans la Bibliothèque Bleue, et il faut attendre le XVIIIe siècle pour que mention en soit faite par Contant d’Orville (Mélanges tirés d’une grande bibliothèque, VI/F, Paris, Moutard, 1780, pp. 4-62). La dimension généalogique s’estompe dès le XVIe siècle, puisque la dynastie des Valois-Angoulème, descendant des ducs de Clèves, s’est éteinte avec Henri III; les guerres de religion fixent d’autres objectifs à la guerre que la reconquête de la terre sainte, et les éditions et traductions des chroniques de croisade, qui commencent en 1549 avec l’Historia belli sacri de Guillaume de Tyr et donneront lieu à l’imposante collection réunie par Jacques Bongars en 1611 (Gesta Dei per Francos) sonne le glas d’une compilation poético-historique comme l’œuvre de P. Desrey.

- traductions anciennes

Il paraît difficile de mettre en rapport le texte de Desrey avec la traduction anglaise de William Caxton, intitulée Godefroy de Bouillon (Westminster, 20.XI.1481, in-2°, 144 ff., 48 lignes par page); le GW, 12572, donne ce titre: Le byen couragyous fayites And valyant actes of nobles Illustrous and vertuous personnes ben digne to be recounted put in memorye and wreton. Le texte de Caxton semble une traduction de Guillaume de Tyr: «There endeth the table of the content and chapytres of this present book entitled the siege and conquest of Jherusalem by cristen men»(f. 10r); puis: «There begynneth the boke intituled Eracles end also of Godefrey de Bologne the wiche spetheth of the conquest of the holy lande of Jherusalem… The ffvist chapitre traiteth how Eracle et la vraie croix…» (f. 10v). En revanche The Knight of the Swanne, œuvre de Robert Copeland, imprimé par William Copland à Londres en 1560, est bien une traduction des 31 premiers chapitres du premier livre de la Généalogie: le texte se termine avant le passage en Europe de Cornumarant. La traduction anglaise est fidèle au texte français (indications fournies par Philip Bennett).

L'indication fournie par Reiffenberg (Doutrepont 1939, p. 59) dans son édition de l’Histoire des ducs de Bourgogne de Prosper de Barante (VI, pp. 9-10), qui signale une traduction flamande du texte de Desrey, parue vers 1486 à Harlem, doit être rectifiée. C'est à Gouda, vers cette date, qu'a été imprimé un Godevaert van Boloen, attribué aux Frères de la Vie commune; il ne s'agit pas d'une traduction de la Généalogie, mais d'extraits de Robert le Moine et de Foucher de Chartres (indication fournie par Yvonne Vermijn).

La tradition germanique de la légende des enfants-cygnes (confondue dès le XIIe siècle avec celle du Graal) s’est développée de façon indépendante des textes français.